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Interview d'Antoine De Wilde (12 avril 2010)


Antoine De Wilde est engagé au prochain semi-marathon de Lorraine à Metz le 25 avril. Retrouvez son blog et son actualité sur les pages Internet du Journal du centre : www.lejdc.fr.

[ L'Alsace en courant ] : Champion de France de cross-country junior en 2004, spécialiste du 3000m steeple (2x champion de France National), le public alsacien a pu découvrir tes talents de coureur l'an dernier à Brumath lors des interrégionaux de cross. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

[ Antoine ] : J'ai 24 ans et je suis licencié à l'A.O.Nivernaise à Nevers, ville où je réside également. Je travaille au service économique et relations extérieures de la Mairie de Nevers, j'ai pour mission l'organisation et la coordination d'animations et d'événements dans l'hypercentre. Grâce à mon employeur, et depuis le 1er janvier dernier, un partenariat a été mis en place avec des plages horaires flexibles afin que je puisse m'entraîner et partir en stage. En aparté je suis aussi pigiste au "Journal du centre" du groupe centre France, je commente les "directs live" des manifestations sportives (Football et Rugby).


Le 21 février dernier, tu as conservé le titre interrégional de cross à Bitche sur un parcours enneigé et assez "montagnard". On t'a vu lutter avec Georges Burrier, un spécialiste dès qu'il s'agit de grimper. Peux-tu revenir sur cette course ? Es-tu satisfait de ta saison de cross ?

En effet, les spectateurs ont pu assister à une belle bagarre, puisque Georges m'a mené la vie dure cette année! En pleine préparation pour le semi- marathon de Paris (7 mars), j'avais moins de repères, et les appuis avec la neige étaient très difficiles, j'ai couru sans prendre de risques et j'ai attendu les 3 derniers kilomètres pour produire mon effort. Je suis content d'avoir conserver mon titre, c'est mon 7 iéme toutes catégories! Sans la participation de Driss (El Himer) et de Bob (Tahri) il y a plus de place dans la course sinon ce serait plus compliqué ! (rires) Cet hiver je n'ai participé qu'à 3 cross, j'ai remporté le cross National de Nevers, les Inters et j'ai pris la 20ème place du cross Ouest France. J'ai battu mon record sur 10km (29'34) et pris la 13ème place du Semi-Marathon de Paris en 1h07'03. C'est une saison satisfaisante, mais elle reste moyenne, je dois faire beaucoup mieux pour assouvir mes objectifs.


Interrégionaux de cross 2010 à Bitche. ©Photo : C. Fried
En 2008, tu décides de partir 4 mois en Éthiopie pour t'entraîner avec les coureurs des Haut-Plateaux, comme Kenenisa Bekele, maître de la discipline. Qu'est-ce qui t'a poussé à te lancer dans cette aventure ? Que t'a apporté cette expérience sur le plan sportif comme humain ?

Suite à mes performances "Jeunes", j'alternais le bon et le moins bon, j'étais irrégulier à l'entraînement, et surtout loin d'être sérieux, jusqu'au jour où, sortant de mes terres je peinais considérablement en compétition. Après être passé à côté de plusieurs sélections j'ai décidé qu'il fallait réagir, soit j'arrêtais tout et je vivais une vie d'adolescent qui me tendait quotidiennement les bras, soit je mettais les bouchées doubles afin de me reconcentrer sur l'essentiel. C'est alors que j'ai rencontré en Octobre 2007, sur un coup de chance, Tariku Bekele dans un premier temps, grâce à Cyril Merle et à l'association "Mama Ethiopia", suite à cette rencontre on m'a offert l'opportunité de partir en Afrique, c'est à ce moment précis que j'ai fait basculer mon destin, 2 mois plus tard je décollais pour l'Ethiopie. Tout a changé là-bas, mon approche de la course, de l'entraînement, mais aussi (surtout) de la vie... on a beau voir toute la misère du monde dans les médias mais l'avoir devant ses yeux et être à ses côtés au quotidien est complètement différent... Je n'avais jamais quitté aussi loin et aussi longtemps mon cocon, j'ai vécu des moments très durs, de par la solitude, les charges d'entraînements, la vie africaine etc... mais aussi, et surtout, des moments inoubliables...

On a beau voir ou lire tous les reportages de la planète, quand on se retrouve face à la misère du monde on se demande "mais comment on a pu laissé faire ça ?" Tout cela m'a apporté énormément, à mon retour j'ai changé radicalement, je me suis mieux entraîné, j'ai enfin su donner un sens à mes basquettes. J'ai beaucoup appris, et j'en avais besoin... on peut donner une valeur de l'endroit où l'on vient, c'est primordial pour évaluer la chance qu'on a... une chanson d' I AM dit: "on n'est pas né sous la même étoile...", malheureusement c'est bien la vérité.

Beaucoup de champions, surtout les éthiopiens mais pas seulement, dégagent une grande humilité. Penses-tu que cette qualité est indispensable pour qui veut durer ou se lancer dans la course à pied de haut-niveau ?

Oui sincèrement, en Ethiopie "personne pète plus haut que...", tout le monde serre les dents à l'entraînement, c'est le meilleur et surtout celui qui aura le plus de chance qui s'en sortira. Un éthiopien de 16 ans pieds nus, peut "régler" tout le monde au France de cross sans aucun problème, il faut être là-bas pour le voir.

Après, pour avoir vécu quelques temps là-bas, je ne pense pas qu'un éthiopien serait heureux plus de 2 jours à Paris... il souhaiterait prendre le prochain avion pour retourner en Ethiopie ! Vivre son quotidien, finalement lui convient (à un certain degré). Tout le monde a le sourire, ici quand on est à 200 euros de découvert on gueule, moi le premier! (rires). Ensuite on relativise un tas de choses. Je pense qu'en athlétisme il faut se remettre en question constamment, c'est important pour progresser, pour ne jamais se relâcher, surtout mentalement. Cette faculté n'est pas donnée à tout le monde.

J'ai la chance d'avoir passé un peu de temps aux côtés de Bob Tahri l'année dernière, il est aussi fort dans sa tête que dans ses jambes, c'est une force de la nature, il ne laisse rien au hasard, ça régularité est exceptionnelle, et il a su resté simple et abordable tout en protégeant les siens. Et même en ayant le pouvoir de faire toutes ces choses, y arriverait-on? J'aurais aimé avoir un grand frère comme lui. C'est un modèle.

©Photo : N. Fried


Tu possèdes un blog sur le site du JDC (Journal du Centre - http://www.lejdc.fr/sports/athletisme.html) et un espace où tu publies des conseils sur la course à pied. Les internautes peuvent aussi te laisser des messages et suivre ton parcours. La vie d'athlète est souvent constituée de haut et de bas. Dans les moments difficiles, les encouragements des internautes te permettent-ils de garder le moral ?


©Photo : N. Fried
Oui bien sûr ! il est difficile d'exercer dans l'ombre, la reconnaissance fait partie de l'accomplissement d'un homme. J'ai la chance d'avoir toujours eu un soutien extraordinaire, que ce soit de par ma famille, mes amis ou encore mes partenaires, fidèles, même dans les moments les plus pénibles... c'est pour cela aussi que, quand on rebondit, on a envie de rendre la pareille, et le seul moyen d'y parvenir est de courir vite, très vite! Ce soutien est aussi très important afin de garder la tête froide à certains moments quand l'humilité nous échappe... un bon recadrage de temps en temps ça fait pas de mal! (rires).

Le blog du "journal du centre" est intéressant, surtout pour le "hors stade", il permet un échange entre tous les CSP qui pratiquent la course à pied, du PDG qui court 50 min par semaine au coureur assidu. C'est la force de ce sport, la mixité.


Depuis 2 ans tu es encadré par Philippe Rémond, ancien champion de France de Marathon. Le 7 mars, laissant de côté des championnats de France de cross, tu as participé à ton premier semi-marathon à Paris, terminant 1er Européen en 1h07. Tu t'orientes donc à présent vers le long et son épreuve mythique du marathon. Ton objectif est d'ailleurs de participer à ton premier marathon en fin d'année, avec à terme une sélection pour des JO. A 24 ans, courir son premier marathon, n'est-ce pas un peu tôt ?


Interrégionaux de cross 2008 à Brumath - ©Photo : N. Fried
Certes, statistiquement peut être, mais quand on se sent prêt je pense qu'il n'y a pas d'âge. Après cela reste tout de même une épreuve très difficile. Depuis ma prise en charge par Philippe, nous vivons une relation fusionnelle, il est devenu ma force, un maillon indispensable, il a su donner un sens à mes foulées et me faire aimer l'ambiance populaire de la course sur route. Grâce à tout ça et à son vécu j'ai choisi, naturellement, l'orientation du macadam, jusqu'à son épreuve reine: Le Marathon. Je n'ai jamais été un coureur très rapide, hors cela est indispensable sur la piste, moins en cross, donc avec du travail, le type d'effort en endurance me convient beaucoup mieux. Reste à modifier ma foulée aérienne, car avec les kilomètres je souffre beaucoup des cuisses et des mollets, je dois apprendre à courir en économie, c'est une des clés sur cette distance.

Pour le semi de Paris, je suis satisfait de cette première expérience, même si comme on dit: "ça fait toujours bizarre la 1ère fois! (rires) " je suis parti beaucoup trop vite, j'ai été emporté par l'émulation de l'événement (2'50 au 1er km et 14'45 au 5km) donc forcement le bâton est monté très haut et quand il est redescendu... aie ! j'ai fini tout seul et dans le dur, mais je ne regrette pas mon choix, je me suis fait plaisir et on ne reprochera jamais à un athlète d'avoir envie, après reste à trouver le juste milieu. j'ai beaucoup appris en une course, je sais comment je devrais courir la deuxième (sur semi à Metz le 25 avril prochain).

Pour finir je suis content du statut de "1er Européen" mais il faut relativiser grandement cette performance car tous les meilleurs athlètes français se trouvaient aux France de cross le même jour.


Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec Pierre Joncheray, lui aussi encadré par un ancien champion de France de Marathon, Fernand Kolbeck. Tu as du le côtoyer, ainsi que Samir Baala lors du stage du collectif marathon au Portugal ? Un petit mot sur nos 2 meilleurs alsaciens ?

Vous avez là 2 grands champions! doués de qualités différentes. Honneur aux anciens comme on dit (rires), je vais commencé par Samir, je l'ai rencontré à Nice à l'occasion de la Prom'Classic il y a un peu plus d'un an, on se connaissait seulement de réputation, c'est une personne qui a le coeur sur la main et qui a su se faire un (autre) nom dans la course à pied, car avec un frère comme Mehdi cela ne doit pas être toujours facile d'évoluer dans un sport identique. J'ai beaucoup de respect pour Samir, j'espère qu'il ira au bout de ses rêves et surtout qu'il continu à nous faire partager sa joie de vivre et sa bonne humeur.

Pierre, Pierrot ou encore La Jonche ! ;) mon dieu qu'il est doué ! 1h01 au semi, vous vous rendez compte ! avec de supers records du 1500m au 10000m ! c'est un athlète très complet, il est capable du meilleur comme du pire... je l'ai rencontré cette année au stage au Portugal, on a passé une semaine fabuleuse, nous avons un tempérament identique donc le courant est très bien passé entre nous. on s'appelle régulièrement.

©Photo : N. Fried

Tu es licencié à Nevers dans la Nièvre, une région bourguignonne vallonnée bordée à l'ouest par la Loire et au sud par le Morvan. Pour finir, peux-tu nous parler un peu de ta région et de ton club ? Avez- vous de belles courses sur route ou nature pour découvrir votre région à conseiller aux alsaciens ?

Sans être chauvin, je n'ai jamais retrouvé autour des stages ou des rassemblements un endroit comme Nevers pour s'entaîner, C'est une ville compacte à la campagne, on peut trouver des parcours à moins de 500m du centre ville ! il y a d'innombrables forêts, des endroits de promenade aménagés pour les balades, des sentiers de dizaine de kilomètres qui longe le fleuve de la Loire. De plus des pistes cyclables pour les touristes sont toutes neuves, idéales pour les séances au seuil ! Herbe, terrain plat, vallonné, pinèdes, routes, etc... tout y est ! et pratiquement mesuré partout ! C'est très pratique. Sincèrement, j'adore m'entraîner ici, j'ai tous mes repères, et j'ai la chance d'avoir une nature et des aménagements extraordinaires pour la pratique de la course à pied.

Fin mai se déroule "Les Foulées de Nevers", une sorte de Corrida estivale en centre ville, le parcours (sur plusieurs boucles) emprunte tous les monuments historiques de la ville. Un événement populaire d'envergure ! J'ai (enfin) réussi à gagner l'année passée, un grand moment d'émotion. Si des alsaciens souhaitent venir visiter la ville et participer à cette course, vous êtes les bienvenus ! Rendez-vous le 21 mai prochain !

Merci beaucoup Antoine de nous avoir accordé cette interview. Nous te souhaitons bonne continuation pour la suite et espérons sincèrement que les objectifs que tu t'es fixé se réaliseront.

Propos recueillis par Nicolas FRIED.