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La 45ème édition des Crêtes Vosgiennes


Une 45ème édition singulière au regard des conditions sanitaires et du protocole renforcé que l'organisation a du mettre en place pour pouvoir organiser ces 2 épreuves emblématiques. Près de 1600 sur l'ensemble des courses (33km individuel, relai et 13km) et après un peu plus de 2h de course, Sébastien Spehler s'impose une nouvelle fois (2h15'29'') devant Nicolas Martin et le belge Florent Caelen. Chez les féminines c'est également une locale et habituée du Marathon des Crêtes qui s'impose : Sarah Vieuille. Elle remporte cette édition 2020 en 2h39'39''. Julia Combe et la belge Karen Van Proyen complètent le podium. Sur les Mini-Crêtes parties dès 8h30, Gregory Basilico et Sophie Weckerle s'imposent, devant respectivement Germain Mougenot et Emmanuel Allenbach ; et chez les féminines Sabrina Rinaldi et Marion Lienhard-Schnebelen.

Retrouvez ci-dessous les impressions de course des vainqueurs et des 2èmes du 33 km. Retrouvez également nos articles sur cette édition 2020 des Crêtes Vosgiennes dans les prochaines numéros des magazines Esprit Trail et Running Attitude !

Sébastien Spehler, vainqueur du 33km (2h15'29'')


Sébastien, Peux-tu me donner tes impressions de course ?
Du fait du Covid-19 je me suis retrouvé sur la ligne de départ assez en forme par rapport aux autres années. Donc c'était une bonne course pour ma part. J'ai vraiment courue comme je le souhaitais avec une grande partie de la course en gestion et essayé de finir fort sur les 10 derniers km.

Avais-tu préparé une stratégie d'un départ rapide ?
Je ne pense pas être partie extrêmement fort non plus. Mais comme dis je me sentais bien, il n’y avait pas de raison d'attendre ou de se poser 36 questions :)

Un très bon temps de 2h15. Comment as-tu très cette édition ?
Le chrono est sympa oui. Les conditions météo étaient très bonnes avec un 15 degré et un sol sec. Aussi la météo, ainsi que le COVID et les diverses contraintes ont sans doute découragé pas mal de randonneurs, ce qui signifie moins de monde à dépasser... Je dois bien avouer que pour moi à l’avant de la course cela ne changeait plus ou moins rien au déroulement de la course mise à part qu'il n'y avait pas de public véritablement à l'arrivée. Mais bravo à l'organisateur qui a rien lâché. Car on sait que le sport est bon pour la santé, malheureusement on l'interdit.

© Photo : Nicolas Fried


© Photo : Nicolas Fried

Nicolas Martin, 2ème du 33 km (2h19'04'')


Globalement, la course a été très difficile. C'est parti vite ! Enfin pour ma part, j'ai trouvé le rythme soutenu rapidement. J'ai dû laisser filer Sébastien dès le début de course. J'ai rapidement fait le deuil de la victoire. Un petit groupe de 3-4 coureurs s'est formé avec notamment Valentin Benard, Julien Sapy et le belge Florian Caelens. J'ai essayé de hausser le rythme dans la montée du Hohneck et au col de la Schlucht, Florian est revenu. On a fait la section jusqu'au ravito du Lac Vert en duo puis j'ai tout donné dans la dernière ascension qui suit ce ravitaillement et j'ai réussi à prendre un peu d'avance pour terminer en 2eme position derrière un intouchable Seb Spehler.

Le parcours est globalement rapide mais loin d'être facile pour autant. Il faut être en "prise" permanente. C'est un cross géant durant 2h20. Je connaissais un peu le parcours vers le Rainkof et le Hohneck mais pas en détail. Néanmoins, je connais un peu la géographie de la région donc j'ai globalement bien géré mon effort. Les paysages sont vraiment magnifiques avec une belle ambiance car les suiveurs peuvent être présents sur de nombreux points.

Julia Combe, 2ème féminine du 33 km (2h53'02'')


Les crêtes vosgiennes font partie des classiques du calendrier. C'est une épreuve historique (45ème édition) et j'avais dans la tête d'y participer un jour. Son format est presque un peu long par rapport à ce que je fais habituellement (course en montagne cross, route et du trail court avec les championnats de France et d'autres épreuves...). De plus elle est aussi renommée par ses nombreux participants et les têtes d'affiches qui sont venues. J'ai déjà couru plusieurs fois en Alsace (trail du petit ballon et course en Montagne du Grand-Ballon). C'est une terre de coureurs et de supporters amateurs et connaisseurs, donc c'est plutôt agréable comme ambiance. J'ai saisi l'opportunité (merci aux organisateurs de s'être battus pour le maintien) de courir. Cela tombait bien en termes de calendrier en vue des autres courses de l'automne... De plus le contexte fait qu’il y a beaucoup d'incertitude donc autant prendre choses comme elles viennent.

J'ai trouvé l'organisation bien rôdée. Tout était clair et fluide et nous avons été bien informés en amont du déroulé et des précautions. Les départs par vague se sont bien passés et ont permis d'étaler le peloton même si pour le coup j'ai trouvé que cela faisait une course bizarre car les filles par exemple étaient éparpillées dans différentes vagues. Au final on court vraiment pour soi car on ne sait pas on se situe les autres. J'ai donc couru en me disant qu'il ne fallait pas trop traîner car derrière on ne savait pas comment cela aller se passer d'autant qu'il y avait un bon plateau de coureuses... J'appréhendais un peu la longueur et la durée ; ainsi que de partir trop vite vu que le parcours est, au début du moins, propice à s'emballer. J'ai pris beaucoup de plaisir sur les sentiers, dans les forêts et bien sûr sur les crêtes. Les locaux m'avaient prévenue du terrain technique par endroit et c'est vrai qu'on se fait vite surprendre et qu'il faut rester vigilant. Sarah m'a rapidement remontée et j'ai vu à sa foulée et son rythme qu'elle était vraiment bien. Il aurait d'ailleurs était suicidaire de vouloir la suivre ! Entre les marcheurs et les suiveurs il y avait pas mal de monde pour encourager donc c’était agréable. Je souligne aussi le fair-play de la gente masculine (ce qui n'est pas toujours le cas) lors de la course.


© Photo : Nicolas Fried
On avait bien étudié le parcours pour voir les difficultés et le profil donc à part la fin qui m'a semblait longue et surprenante, j'essayais de me situer par rapport à cela. Avec de bonnes sensations et l'impression d’une course plein, je suis donc arrivée dans un bon chrono en tout cas plutôt inespéré par rapport à ce que je prévoyais !

Les ravitos étaient bien organisés et au final on a tous plus ou moins évité de se faire ravitailler, ce qui en terme d'équité de course et de gestion est plus intéressant. Petit bémol mais au regard du contexte c'est compréhensible : le fait que la remise des prix ait été supprimée, ne favorisant pas trop la convivialité et les échanges d'après course. Mais de toute façon ce n'était pas le but...


© Photo : Nicolas Fried

Sarah Vieuille, vainqueur féminine du 33km (2h39'39'')


Je ne savais vraiment pas comment j'allais la vivre sachant qu'il y a 2 ans j'avais totalement souffert les 10 derniers km à partir de la Schlucht ! Mon appréhension était grande avant de prendre le départ et dur également sur le plan psychologique de se remettre en mode "compétition". Cela m'a vraiment fait bizarre de revoir autant de monde et me je demandais presque ce que je faisais là ayant pris l'habitude de crapahuter en montagne seule ou en très petit comité depuis le mois de mars. Le fait de partir par vague finalement a évité justement cette sensation d'"étouffement". J'ai trouvé cela plutôt confort. Pas de gêne au départ, pas d'aspiration et de tentation de vouloir accrocher la tête. Bref, moins de pression ! Le fait de partir dans la 2ème vague m'a donné le p'tit challenge d'essayer de rattraper les 1ères filles parties dans la 1ère vague (Claire et Julia) ! J'ai trouvé cela très drôle !

En tout cas, au niveau de l’organisation, ce fut le top. Tout le monde a joué le jeu et j'ai trouvé le système de départ par vague de 50 toutes les 3min puis par ligne de 10 toutes les 30 secondes génial. Finalement de n'avoir que des ravitos liquides, c'est très bien aussi. On revient à l'esprit trail d'origine. Le contexte actuel nous pousse justement à revoir nombre de nos pratiques et à se poser les bonnes questions, revenir aux fondamentaux... Enfin, en ce qui me concerne le seul regret fut l'après course. Le fait qu'il n'y ait pas de remise des prix, nous n'avons pas pu vraiment nous retrouver et échanger entre coureurs. Ces moments sont aussi très appréciés et attendus ! Ils font également partie intégrante de l'"esprit trail"!
Interviews réalisées par Nicolas Fried.

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