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Interview de Virginie Isner-Laemmel, vainqueur du Trophée des Vosges 2014



Bonjour Virginie. Vainqueur du Trophée des Vosges 2014, t'attendais-tu à cette victoire qui récompense une belle saison ?

Bonjour Nicolas. Cette victoire je me l'étais imaginée pour « une fois » depuis 2008. Mais, à cette époque je débutais à peine la course de montagne. Et surtout je n'arrivais jamais à atteindre le quota de courses nécessaire par faute de planification ou de planning ! Ce n'est pas tout de cumuler 6 courses, il faut aussi avoir les 2 courtes, les 2 moyennes ET les 2 longues. L'an passé j'étais déjà heureuse de ma 2ème place au Trophée. Cette année, si ma 1ère course du Trophée m'a semblée prometteuse avec une belle victoire au Mini-Trail de la Moselotte à Cornimont, puis une autre au Trail du Vieil Armand à Wuenheim, j'ai dû essuyer une grosse baisse de forme de fin avril à fin juillet, pour des raisons de santé que je dois gérer au quotidien. Mon optimisme était retombé. Mais en aout, j'ai repris du poil de la bête et j'y ai cru à cette victoire !

Mini-Trail de la Moselotte 2014

Quels ont été les moments clés de cette année ?

J'en ai eu 3 :
  • ma victoire au Le Mini-Trail de la Moselotte : j'ai a-do-ré cette course ! Raide, technique, dans la neige… bref ce que j'aime ! Et surtout des organisateurs adorables...
  • ma victoire au Trail du Vieil Armand (Wuenheim) : c'est une course que j'affectionne également car c'est aussi un vrai mini-trail. Les sentiers sont tops et on passe dans des vestiges de l'histoire, c'est génial !
  • ma reprise de forme validée aux mini-crêtes. C'est un évènement incontournable dans notre région, mais surtout cette année était une édition spéciale pour Luc Marlier. Je m'y suis décidée la veille

Coureuse et traileuse, peux-tu revenir sur ton parcours sportif ? Qu'est-ce qui te fait courir et particulièrement en montagne ?

J'ai un peu touché à tout : la danse (j'adore !!!) classique, puis modern' jazz, le hand, un peu d'escalade... je me déplaçais à rolle. En fait, je ne tenais pas en place et j'avais toujours besoin de bouger et m'amuser ! Et pour la petite histoire : je détestais la course-à-pied, ou plutôt le cross au collège ! J'ai commencé véritablement à courir sur le tard, à l'IUT en prenant l'option « Footing PPG » comme ça, pour m'amuser. J'ai ainsi goûté aux Championnats de France de cross FNSU, et en septembre 2002, j'ai signé pour ma première licence au PCA.


Reconnaissance Trail des Marcaires
4 années de cross et de piste. Mais ce que j'aimais le plus, c'était courir dans mes montagnes au gré de l'envie. Et oui, je viens de la campagne, de la Vallée de Munster, de Walbach précisément. En 2007, alors que je participais ma première course de Montagne lors de la Montée du Hohlandsbourg, j'ai eu un déclic, une révélation : oui, la course en Montagne, j'aime ça ! Depuis, grâce à mon mari Jérôme LAEMMEL (que j'ai rencontré en courant en forêt d'ailleurs !) j'ai évolué sur trail, ultra, puis suis revenue sur format court, l'essentiel étant d'être dans la nature. Depuis 2011, je suis licenciée au Colmar Marathon Club, où je me plais, car nous partageons de bons moments de rigolades ! Philippe Propage est mon entraineur depuis 2012,et sa philosophie de l’entrainement me convient très bien. J’ai un plan, une trame, mais il m’autorise à le moduler de temps en temps, car il met beaucoup en avant le plaisir dans l’entrainement.

Ce que j'apprécie particulièrement dans la course à pied c'est les rencontres, le partage, quel que soit l'âge, quel que soit le niveau, quel que soit le statut social.

De toutes tes courses, laquelle aura été la plus marquante pour toi et pourquoi ?

Sans hésitation : le Trail de Bourbon (ou semi-raid de la Réunion). C'était mon rêve. Je l'ai réalisé, en partant avec 2 copines : Alexandra Renaud et Lucie Hihn. C'est une course extraordinaire. L'île vit au rythme du Grand Raid. Pendant la course, les gens vous acclament, vous encouragent, prennent leur sandwich, campent, et chantent pour vous. « Sé sa ksé bon » ! Je ne pensais pas réussir un tel chrono, avec une telle envie, une telle pêche, mais je me suis tellement sentie emportée par l'ambiance, que j'ai pris plaisir indescriptible. A mon arrivée au stade de la Redoute si animé, et après cet accomplissement, mon émotion était si forte lorsque l'on m'a interviewée, que je suis fondue en larmes ! C'était l'accomplissement d'un rêve, avec tant de chaleur humaine sur tout le parcours...

Alexandra, Virginie et Lucie au Trail de Bourbon

Traileuse, tu es mais aussi membre de l'organisation du Trail des Marcaires qui aura lieu le 25 mai prochain. Après la consécration de l'édition 2014, comment se prépare l'édition 2015

Ah…. On y travaille !!! Comment ? En toute convivialité, autour d'une table le vendredi soir, en mangeant et buvant tous ensemble. ET oui, le CMC c'est la convivialité avant tout, alors pour l'organisation du Trail des Marcaires : idem ! Et ça marche.


Photo DR
Depuis l'édition 2012, j'aide pour la partie Communication. Depuis l'édition 2014, mon amie Gaele Giot a repris les rênes de l'organisation et je l'admire car elle performe en organisatrice ! On en parle souvent toutes les deux, on échange nos idées. Mais ce que j'apprécie avant tout, c'est la façon dont les membres du club se prennent au jeu.
Comment expliques-tu cette frénésie pour le trail ces dernières années ?

Un retour aux sources ! Avec les tendances « écolo », « bio », le trail trouve tout naturellement sa place ! Le Marketing y est certes pour beaucoup, mais je pense aussi que les traileurs aiment avant tout se retrouver dans la nature. La vie citadine, le stress, la ville... le trail est en quelque sorte une échappatoire. Un moyen de se régénérer.

De plus en plus de femmes qui se mettent à la course à pied. Le trail et les courses natures ne sont pas en reste avec toujours plus de participantes. Les marques font tout pour séduire les féminines. Les championnes telles Anna Frost ou Emelie Forsberg sont de vraies égéries. Pourtant cela n'a pas toujours été ainsi. Le premier marathon olympique féminin date de 1984 et le premier 3000m steeple féminin est bien plus récent. Faisant partie du Team Run'In, un team principalement féminin, comment vois-tu cette évolution ? Y-a-t-il encore des choses à améliorer pour arriver à une égalité totale entre homme et femme dans ces disciplines ?

C'est vrai, les femmes sont de plus en plus adeptes du trail. Je pense que cette discipline est particulièrement adapté à la gente féminine, car la femme est connue pour être généralement endurante. La femme est aussi plus « sage » que l'homme en terme de gestion de course, elle prend un départ plus sage. Aussi, pour la femme active, je pense que cette discipline est plus accessible (je n'ai pas dit plus facile) mais elle autorise plus de diversité dans les entrainements, plus de diversité dans les sports, et moins stricts que la course sur piste, route..

Quand Virginie a ouvert son magasin spécialisé RUN'IN à Colmar en 2012 et qu'elle m'a proposée de courir pour elle, il est vrai que sa vision était plus orientée team féminin. Très rapidement se sont rajoutés les frères Stephan (Quentin et Thibaut), puis Mouhcine Ouahman et Sébastien Spehler ! Actuellement, c'est presque l'équilibre hommes-femmes dans le Team, mais comme c'est rare d'avoir autant de femmes, alors on a l'impression que c'est un Team féminin !

Run & Bike de Scherwiller

Comment vois-tu évoluer le trail dans les prochaines années ? Et comment te vois-tu évoluer dans sa pratique ?

Le trail existe depuis plusieurs années, mais il a pris une ampleur fulgurante récemment. Je crains effectivement certaines dérives marketing, commerciales. Je redoute aussi que suite à cette « fièvre du trail », l'aspect financier ne fasse débouler le dopage comme dans d'autres disciplines. J'espère de tout coeur voir se maintenir de vraies courses nature ou trails authentiques, organisés par des amoureux de la nature. J'espère aussi que les coureurs continuent à s'inscrire pour l'amour de la montagne, de la course en nature, même si la compétition et la performance sont en point de mire. Simplement que cette compétition reste saine, juste et nature !

Pour ce qui est de mon avenir dans le trail : aucune idée. J'ai quelques « projets de vie » dans lesquels des objectifs de courses... mais je me laisse le temps. Une chose est sûr c'est que le trail est ma passion et fait partie de ma vie. Petit ou grand format, c'est en moi, je vis avec et surtout je n'arrive pas à vivre sans ! C'est des moments de ma vie que j'ai envie de partager avec mon mari et mes amis. J'espère pouvoir en profiter encore longtemps !
Merci Virginie pour cette interview, bonne continuation dans ta passion et bonne préparation avec l'équipe du CMC pour le Trail des Marcaires 2015 !

Interview réalisée par Nicolas Fried.

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