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Interview de Cécile Moynot - internationale française de 100km


En Alsace nous avons de nombreuses épreuves de courses à pied, mais nous avons aussi des athlètes et des athlètes de haut niveau ! Cécile Moynot, installée dans la région depuis 2 ans, licenciée au SR Obernai et membre du Team Jog'R, est une de ces athlètes, qui réussit à concilier la vie professionnelle, celle d'une jeune maman et l'entrainement exigent de sa discipline. Après une belle saison et sa récente victoire et 3ème place scratch au 100km de Theillay, meilleure performance française de la saison en 8h21'39'' (record personnel à 8h10'49), c'était l'occasion de la rencontrer.

Bonjour Cécile, peux-tu te présenter ?

Cécile Moynot : Bonjour Nicolas, Je m'appelle Cécile, j'ai (dans quelques jours) 37 ans, je suis Maman d'un petit Joachim qui a tout juste 2 ans 1/2. Manipulatrice en Radiologie à l'Hôpital de Sélestat, pianiste à mes heures perdues et coureuse à pied.
Internationale française de 100km, qu'elle a été ton parcours sportif pour à 37 ans devenir « une 100 bornarde » ?

CM : Je n'ai pas un parcours classique car je suis une musicienne à la base (pianiste). Je n'ai commencé la course à pied qu'à 23 ans passés. J'ai bien sûr fait de l'athlétisme à l'école, j'ai toujours aimé courir (l'endurance surtout) et je gagnais chaque année les cross scolaires là où j'habitais (Finistère / Bretagne).

Sortie de gros soucis de santé mi 1999, 7 années terriblement difficiles, j'ai commencé doucement à courir 3 x 30'sur tapis par semaine environ, puis sur route, tout début 2000. Je me suis inscrite à ma première course, le semi-marathon de Paris début mars de cette même année où j'ai (logiquement) beaucoup souffert.

Cela ne m'a pas empêchée de faire un marathon, mon premier, le 1er mai toujours de la même année. J'y réalise 3h51, et j'y ai pris un plaisir immense ! J'étais « piquée », un mois après je refaisais un marathon. J'ai enchaîné courses sur route, du marathon au 10 km, en passant par un 100 km de nuit et des courses nature. J'avais un Pass Running, je courrais pour le plaisir uniquement. Comme toute joggeuse novice et pratiquante seule, je faisais à l'envie.

Au bout de 2 années ainsi, je me suis inscrite au club de Montrouge (région parisienne, où j'habitais).

J'ai découvert beaucoup de choses comme un entraînement à peu près construit. Je ne me contentais auparavant que de footings avec allures variées, à la sensation. Personne ne courrait chez moi, j'ai commencée seule et sans aucuns repères.

100km de Theillay (Photo Christophe Rochotte)
J'ai vite progressé pour atteindre 2h51 au marathon de Paris en 2004. Là, Dominique Chauvelier m'a « repérée » et a commencé à m'entraîner.

J'ai avec lui repris les bases, travaillé ma vitesse, découvert également beaucoup de nouvelles choses. J'ai à nouveau bien progressé.

Suite à un enchaînement de blessures en 2006, et un blocage sur marathon (je n'arrivais plus à faire descendre mes temps (2h44) alors que les entraînements me confirmaient que je pouvais faire bien mieux) j'ai décidé de changer de discipline et je suis passée sur 100 km, en me disant que j'y reviendrai ensuite. Je connaissais déjà la distance, j'avais couru un 100 km dans la baie du Mt St Michel ma 2ème année, j'avais aussi fait un 91 km nature où j'ai couru 11h. Je savais depuis toujours que l'ultra serait ma discipline de prédilection mais je voulais, avant d'y venir, essayer de progresser au mieux sur marathon. Là, j'avais besoin de changement, de passer à autre chose, c'était le moment idéal de faire mes vrais débuts sur 100 km, en 2007.

J'ai fait 2 années sur 100 km avec 2 sélections en équipe de France puis j'ai eu l'opportunité et la grande chance d'intégrer le Collectif Marathon créé en 2009 afin d'emmener des équipes aux Championnats du Monde de Berlin.

J'ai à ce moment-là enfin gagné 4' sur marathon pour abaisser mon record à 2h40 au marathon de Paris 2009 et une sélection sur marathon pour Berlin. Ces 2 années sur 100 km m'avaient permis de me changer la tête, de faire autre chose, et de mieux revenir sur marathon.

Forte de cela je suis revenue au 100 km espérant faire de nouvelles belles choses mais je me suis à nouveau blessée début 2010. Puis j'ai eu Joachim début 2011.

Je suis revenue au 100 km après sa naissance mi 2012 avec une nouvelle sélection sur 100 km.
Par rapport à un marathon, que la plupart des coureurs vivront dans leur vie, qu'est-ce qui différencie le 100km, si ce n'est bien entendu la distance ?

CM : Il y a beaucoup de choses qui se ressemblent sur ces 2 distances. A part le fait indéniable que la distance est plus de 2 fois supérieure.

Il y a toute cette préparation préalable et minutieuse de son ravitaillement, de la gestion de sa course, trouver la bonne allure qui permettra de vivre au mieux cette distance qui fait si peur mais qui est pourtant à la portée de tout le monde (un minimum préparé bien entendu). Il y a la gestion de tous les petits soucis qui peuvent advenir en course. La gestion extrêmement importante du mental pendant la course. Il faut rester confiant quoi qu'il se passe, car la forme et les sensations fluctuent. Ce n'est pas parce que vous vous sentez particulièrement mal au 20ème km que vous n'arriverez pas au bout. Au 50ème km vous aurez peut-être la forme de votre vie, ou au 40ème, ou au 70ème. Vivre sereinement son Aventure Intérieure qu'est le 100 km est synonyme de faire la course la plus agréable possible, en se détachant de la souffrance physique plus ou moins intense qui est inéluctable

100km de Theillay (Photo Christophe Rochotte)

A l'aise sur toutes les distances, on t'as vu gagner en début de saison sur cross, puis sur semi et marathon, avec une belle victoire à Molsheim lors du marathon du vignoble et un record de l'épreuve à la clé. Comment programmes-tu ta saison pour être performante lors de tes principaux objectifs ?

La saison de cross (Photo DR) CM : Classiquement l'hiver est le temps des cross. Même sur du long, je trouve cette saison particulièrement intéressante en terme de prépa physique. On s'y fait vraiment très mal, il n'y a pas de chronos, il faut être devant, les conditions sont majoritairement difficiles, on travaille le stress et sa gestion de course de façon différente.

Après une bonne saison de cross j'ai toujours fait mes meilleures courses. (Meilleure place aux France de cross : 19ème en 2009 avant mon record sur marathon)

Souvent il y a soit un marathon soit un 100 km au printemps au sortir des cross. Et/ou soit à l'automne.

Je pense que pour faire la meilleure saison qui soit, il faut savoir placer ses principaux objectifs et s'y tenir ! On ne peut pas avoir 3 objectifs principaux dans une saison, il y en a 1 voire 2. Les autres courses sont des courses qui peuvent être intégrées dans la prépa de l'objectif principal, soit parce qu'elles sont utiles, soit parce qu'on a envie de se faire plaisir, soit parce que ça tombe bien à ce moment-là. Il ne faut pas se tromper d'objectif, mais cela n'empêche pas de faire des courses à côté.

Personnellement, quand je suis en préparation pour un 100 km je ne fais pas de compétition, ou juste une du genre un semi-marathon en début de prépa, ou un marathon allure course voire légèrement plus rapide. J'ai peu de temps au quotidien pour m'entraîner donc je préfère privilégier ce temps pour bien m'entraîner. De plus il faut garder l'envie de mettre un dossard. Courir tous les week-ends fait perdre cette hargne.

Il y a des moments où tu peux courir plus, pour le plaisir, sans forcément avoir la performance au bout. Comme moi à présent. Mon 100 km est passé, j'ai fait ma coupure, je suis en reprise et mon prochain vrai objectif sera la saison de cross. Du coup je vais faire des 10 km pour me faire plaisir et pour courir pour mon Team Jog'R. En même temps je reprends une prépa ciblée court avec prépa physique, renforcement, musculation, VMA, côtes, etc. Cela est donc compatible.
Maman depuis bientôt 3 ans, il faut être bien organisé pour concilier vie d'une jeune maman, vie professionnelle et carrière de haut-niveau. Quel est ton secret ?

CM : Oui Joachim a 2 ans ½, je travaille à plein temps à l'hôpital donc avec des horaires soit de matin, soit de soir, de nuit et un week-end sur 2. Je suis de plus Maman célibataire donc il faut jongler.

Mon secret ? Il n'y en a pas. Une organisation au top est indispensable, faire les bons choix aux bons moments, et la Passion de ma discipline. Il y a des semaines où je m'entraîne jusqu'à 14-15h en plus de mon boulot professionnel et mon boulot de Maman. Je ne peux m'entraîner que 5 jours par semaine en général, je concentre donc mes sorties. Cela réduit le temps que je passe avec mon fils forcément.

Heureusement ce ne sont que quelques semaines. Le reste du temps Joachim est ma priorité. J'essaie de passer le plus de temps possible avec lui. Les temps d'entraînement et autres sont donc soient optimisés, soient réduits. Il n'y a pas de cinéma, pas de magasins, pas de restaurant, pas de sorties… C'est entraînement, Joachim et boulot.

C'est ça la Vie, il faut faire des choix, ne pas les regretter, les vivre à fond et se donner les moyens pour que tout se passe au mieux pour tout le monde. Plus tard je pourrais me dire que j'ai eu la chance de pouvoir vivre au maximum ma passion avec les conditions que j'avais et j'espère que Joachim sera fier de sa maman. (Il adore déjà les coupes, les aligne dans sa chambre et court partout en criant : « Gagné ! »)
Victoire et record au Marathon du Vignoble (Photo DR)



Cette année, tu t'es alignée à 2 reprises sur 100km. La première à Belvès en mai dernier lors championnat d'Europe et fin août en Sologne. Deux courses très différentes pour toi, mais avec certainement la même intensité d'émotion à l'arrivée. Peux-tu revenir sur ces 2 événements qui ont marqué ta saison 2012/2013 ?

CM : Oh oui, deux courses très différentes et toutes deux très intenses en émotions.

Belvès c'était une course en bleu-blanc-rouge, une sélection très attendue car très travaillée, avec un échec au bout.

100km de Belvès (Photo DR) J'avais fait une bonne prépa, j'étais prête et confiante, mais lors du regroupement équipe de France 4 semaines avant le championnat la podologue a modifié ma semelle gauche. Je porte des semelles de posturologie car j'ai un pied gauche plat. J'ai donc besoin d'un renfort de la voûte plantaire pour éviter de trop grosses tensions de la chaîne postérieure de cette jambe, déjà sources de blessures récurrentes au genou gauche. J'ai commencé à avoir mal au dos avant la course. Le kiné, la veille de la course m'a examiné et m'a remis plusieurs choses en place puis m'a dit que ça irait.

Effectivement j'ai eu moins mal au dos, cela ne m'a pas gêné sur la course. Mais j'ai commencé à avoir de grosses douleurs musculaires de façon très asymétrique aux jambes. Devant d'un côté et derrière de l'autre. Dès le 60ème km. Cela s'est aggravé de façon tellement intense que je ne pouvais plus mettre un pied devant l'autre. J'ai tenu à terminer la course, quelles que furent les douleurs. J'ai marché 20km pour m'écrouler à l'arrivée.

Rentrée chez moi j'ai attendu 1 semaine de me remettre puis j'ai consulté un très bon podologue du sport à Strasbourg. Il a trouvé que l'ajout sur ma semelle avait été très agressif, qu'il n'aurait jamais dû avoir lieu, que je n'avais pas eu le temps d'adapter ma posture à cette modification de ma semelle et que j'avais eu de la chance d'avoir pu déjà finir ainsi. On ne change jamais quoi que ce soit aussi près d'un objectif !!!

J'ai à nouveau beaucoup appris. J'ai fait confiance sans savoir. Maintenant je sais.

Theillay c'était la course de retour suite à une blessure et à l'échec de Belvès, je n'avais pas le droit de me rater une deuxième fois.

Après Belvès, je souhaitais vivement, et en avais besoin, refaire un 100 km pour pouvoir profiter de la belle prépa que j'avais faite et ne pas rester sur cet échec. J'ai donc programmé Theillay.

Il me permettait de me remettre et de refaire un petit cycle spécifique. J'ai d'ailleurs pu travailler d'autres choses, c'était idéal.

N'ayant pas pu mettre mes nouvelles semelles en début de prépa, j'ai choisi de ne pas les mettre du tout jusqu'au 100 km. Pas question de refaire la même erreur.

Malheureusement, à cause de cela, j'ai déclenché une tendinite du tibial antérieur à gauche 4 semaines avant. J'ai dû couper et faire des soins réguliers ainsi que modifier tout un tas de choses au quotidien pour me permettre de me remettre au plus vite et de pouvoir courir.

J'ai hésité à prendre le départ jusqu'à la veille de notre voyage, le jeudi. Puis une fois décidée à venir je n'y ai (presque) plus pensé. Ça devait passer, ça allait passer, pas le choix.

Je suis partie sur une allure très légèrement inférieure à ce que je pouvais faire, pour ne prendre aucun risque et je fais une course parfaitement régulière en prenant beaucoup de plaisir tout le long.

Cette 3ème place au scratch et la meilleure performance de l'année, perf IB furent un joli cadeau, mais mérité car j'avais tout mis en place pour que cela fonctionne.
L'ultra c'est finalement un dépassement des distances généralement admises en athlétisme ; mais c'est aussi et avant tout un dépassement de soi, un jeu avec ses propres limites, une aventure avec soi-même et au final beaucoup d'émotions partagés.

CM : Oh oui !

La distance fait peur mais le réel dépassement sur cette distance, sur tout Ultra d'ailleurs, est le dépassement de soi. C'est comme une véritable introspection intérieure. Il faut être capable d'oublier la douleur, de la mettre « en parenthèse » plutôt. Souvent je dis qu'il faut savoir « débrancher » son corps de son esprit. Il n'y a pas de secret, sur 100 km tu souffres, physiquement, parfois et/ par moment intensément, plus que tu ne pensais pouvoir le supporter, mais il faut quand même avancer, sans réduire ton allure ou au minimum, continuer. Dans ces moments-là je me dis que « la douleur est une vue de l'esprit », ou je me tourne en boucle une phrase de Dany Boon « je vais bien, tout va bien ». Je pense à autre chose, surtout pas à ma douleur. Il faut aller au-delà de cette douleur. Il faut pour cela être très costaud dans sa tête, dans son esprit, car il y a aussi des moments où c'est moralement que tu souffres, parfois au-delà de ta souffrance physique. « je n'y arriverai pas », « je n'en peux plus », « j'en ai assez », « je n'ai qu'une envie c'est de m'arrêter », « je ne supporte plus d'avoir mal », etc … Il faut sans cesse se remotiver, se re booster, aller de l'avant, se dire que ça va passer, que les sensations vont revenir, que tu vas y arriver, que … C'est un véritable travail sur toi-même, sur ton corps et sur ton esprit. Il y a des courses où tu souffres peu, Theillay fut l'une d'entre elle pour moi, mais c'est assez rare. La majorité du temps tu passes par toutes les phases, du plus profond abattement à la plus extrême exaltation. C'est infiniment fort, intime, et en même temps c'est un partage intense avec les personnes qui te suivent, qui t'accompagnent, toutes les personnes qui sont sur la course car tu sais qu'elles cheminent intérieurement comme toi. On apprend énormément sur soi, énormément. C'est une Merveilleuse Aventure Intérieure. Sur ce genre de course, on est avec soi, face à soi, contre soi.
100km de Theillay (Photo Christophe Rochotte)

Quelle est ta semaine type en phase de préparation d'un 100km ?

CM : On va dire une semaine assez semblable à une semaine de prépa marathon.

Cela dépend de la période, que tu sois en début, ou en fin de prépa, mais en gros je garde une séance de VMA de mi-longue à longue avec récup courte, une séance de type seuil, une séance de renforcement avec du travail en montée/descente, des footings, et des sorties longues.
Tu expliquais tout à l'heure un mauvais choix de semelle qui eut de lourdes conséquences. Comment gères-tu le matériel et l'alimentation avant et pendant la course, deux points à ne négliger en ultra ? Quels conseils peut-on donner pour éviter ces erreurs ?

CM : Concernant mon ravitaillement je le teste et re teste à l'entraînement. Je fais des essais, et je n'utilise en course que des produits que j'utilise régulièrement à l'entraînement et qui me conviennent parfaitement. C'est un des points forts (ou faibles) de l'ultra. Il faut bien sûr être au point avec son équipement, les chaussures, les tenues, les bidons, les produits de ravitaillement. Le moindre grain de sable peut faire basculer une course. Je connais ça très bien.

Conseils classiques : n'utiliser que des produits déjà utilisés, ne pas changer ses dosages en conditions « normales » d'utilisation, par contre être prudent aux fortes chaleurs ou au froid. Ne pas porter de vêtements neufs, idem pour les chaussures. Ne rien changer dans le mois ½ précédant l'échéance. Etre capable de modifier quelque chose si un souci arrive en course genre diarrhée, ballonnements importants, vomissements, hypoglycémie ou hyper. Se préserver du froid et se protéger du chaud. Ne jamais oublier que 100 km c'est long, très long.
Il y a plus de 200 épreuves de course à pied en Alsace, mais hormis en Trail, peu de longues distances sur route hormis 2 marathons et les 6h de Mulhouse. Avec 2 athlètes au sommet de la discipline, comme toi et Michaël Boch de l'EHA, penses-tu qu'il ne manque pas un 100km dans notre région ?
CM : Effectivement créer un 100 km par chez nous pourrait être une belle idée. Il y en a assez peu en France et la discipline perd chaque année des pratiquants, malheureusement.
Les 100km Millau fêtent cette année leurs 42 ans, d'un autre côté on a l'impression que la presse et le public découvrent l'ultra-running avec le Trail et la très forte médiatisation de l'UTMB. A cela s'ajoute l'annulation des championnats du Monde 2013 de 100km. Comment analystes-tu cette situation ?

Trail des Marcaires (Photo N. Fried) CM : Je pense que c'est surtout le trail qui prend chaque année plus d'ampleur. Il est très médiatisé, c'est la discipline à la mode. Dans quelques années peut-être que cela sera autre chose ? Je pense que les gens aiment ce retour à la nature, ça leur fait du bien dans ce monde qui est de plus en plus industrialisé. Dans un sens un certain retour aux sources ? De plus les marques avancent de plus en plus dans ce domaine c'est très bien, ça fait de la publicité.

Le 100 km a toujours existé, mais c'est vrai que l'on en parlait plus qu'il y a quelques années. Il y a de moins en moins d'athlètes intéressés par cette distance, c'est dommage.

Les organisateurs ne font peut-être pas assez de choses pour remotiver les troupes ? Je t'avoue que chez moi c'est une question de Passion, donc je me pose assez peu la question.

Surtout que je n'en vis pas du tout, je paye plutôt pour la vivre.

L'annulation des Mondiaux cette année est une succession de malchance, on ne peut pas l'analyser autrement. L'année prochaine nous serons en Lettonie fin août pour je l'espère de belles équipes au-devant de la scène autant chez les hommes que chez les femmes. J'espère aussi que le staff sera capable de motiver au mieux les équipes, cela joue également énormément.

Tu as essayé le trail, notamment cette année avec une victoire sur le 31km du Trail des Marcaires. Penses-tu passer un jour sur de l'Ultra-Trail, comme l'UTMB par exemple, qui à entendre certains malgré la distance et le dénivelé est un parcours plutôt « roulant » et donc pourrait être adapté aux spécialistes des 100 km ?

CM : J'ai déjà fait du trail, comme les crêtes d'Espelette, le marathon des Burons, et d'autres.

J'aime énormément la course nature, je m'y sens très bien, et surtout les trails pas trop techniques où l'on peut courir. J'aimerais en faire plus mais c'est toujours le même souci, il faut faire des choix et la route et le trail ne sont guère compatibles quand tu cherches à faire du « haut-niveau ». J'en profite hors saison, et plus tard oui bien sûr je m'y mettrai plus « sérieusement ». De plus ces courses-là sont un investissement temps / argent que je ne peux pas du tout me permettre actuellement.
Quels seront tes objectifs de fin d'année ? Et pour la saison 2013/2014 ?

CM : Là je vais faire des courses régionales pour mon team Jog'R et me faire plaisir, puis la saison de cross.

Ensuite je n'ai pas encore tout à fait défini le planning de 2014. A part les Mondiaux en Lettonie bien sûr fin août, je pense faire un marathon, ou un 100 km au printemps pour tenter un beau chrono.

J'aimerais également regagner de la vitesse sur 10 et semi, donc à voir.

Rien n'est encore fixé. Mais il y a de belles choses à faire et je pense que ce sera une très belle saison.
Jog'R le Team 2013 (Photo N. Fried)

Merci Cécile ! et bonne route pour cette fin d'année. L'Alsace en courant te souhaite tout le succès que tu mérites pour la suite...

Interview réalisée par Nicolas Fried.

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