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Interview de Jean-Alain Haan - Montée du Grand-Ballon


Bonjour Jean-Alain. 32ème édition de la Montée du Grand-Ballon et 4ème année que la course fait partie de la Coupe du Monde de course en montagne. Comment avez-vous réussi à intégrer ce challenge et comment gère-t-on une course internationale comme celle-ci ?

[Jean-Alain] Après avoir accueilli les championnats de France en 2000, nous avons reçu plusieurs propositions et appels du pied de la fédération ou des instances internationales pour organiser au Grand-Ballon un grand championnat (aussi bien d'Europe que du monde) mais aussi de coureurs. D'un point de vue organisation, nous étions en mesure de répondre au montage de tels événements, parceque notre équipe est bien rodée, mais d'un point de vue financier et logistique ce n'était pas possible. Le budget de ce genre de championnat tourne autour de 300000 euros avec un cahier des charges très strict à remplir et du côté logistique, ni à Willer-sur-Thur, ni à Goldbach, il n'y a les infrastructures hôtelières demandées et capables d'accueillir les athlètes et les équipes nationales sur place. Là on ne peut pas rivaliser avec les stations ou villes alpines. A partir de là, rejoindre le circuit de la coupe du monde s'est avéré plus intéressant pour nous et Jonathan Wyatt nous a conseillé et convaincu de nous lancer à l'époque. L'organisation est la même, financièrement nous faisons avec nos moyens. C'est plus abordable même si il faut tout de même monter un budget de près de 50000 euros avec les collectivités et partenaires. En plus la course a acquis une notoriété internationale à présent et les meilleurs coureurs mondiaux veulent venir au Grand-Ballon. Ce sera la quatrième fois que nous accueillons le Grand-Prix cette année et c'est la possibilité pour tous les participants de s'aligner sur une course de coupe du monde et de se confronter aux champions de la discipline. Quant à l'organisation d'une course comme celle là, elle demande un an de travail à mon niveau avec toute la partie administrative, le montage du budget, la recherche de sponsors, les relations avec les coureurs, la communication, etc. Ensuite c'est toute une équipe qui est au travail pour traiter les inscriptions, la préparation du parcours, le ravitaillement, le secrétariat. Le jour de la course une bonne centaine de bénévoles sont mobilisés.

(Photo : N. Fried)

Annoncé, mais forfait l'an passé, le Turc Ahmet Arslan (5ème fois champion d'Europe) sera au départ le 17 mai prochain. Quels seront selon toi les autres grands favoris cette année ?

Oui Ahmet Arslan qui a remporté les cinq derniers championnats d'Europe et était vice-champion du monde l'an dernier, devait déjà être chez nous en 2011 mais un soucis de santé l'avait obligé à renoncer au déplacement. Je l'ai croisé cet été à une course en Autriche, il était désolé de ce forfait et m'a promis d'être là en 2012. Il sera le grand favori mais il est encore un peu tôt pour en parler car les engagements n'arrivent que maintenant. Il y aura aussi les italiens Abate (le vice champion d'Europe) et Baldaccini, une forte délégation anglaise (Osborne, Mc Mullan, Vernon, Lockyer, Hobbs), John Tribbia de l'équipe des USA. Chez les filles l'anglaise Clayton et la française Panthéon sont annoncées. Un plateau qui va s'étoffer ces prochaines semaines car nous recevons beaucoup de demandes. Et puis n'oublions pas les français à qui le Grand-Ballon offrira un bon dernier test dix jours avant les championnats de France de Gap. Nous aurons encore une course de très, très haut niveau cette année pour l'ouverture de la coupe du monde au Grand-Ballon !

(Photo : N. Fried)

Après 31 éditions, le plus haut sommet des Vosges à du voir passer des coureurs. Avez le recul comment vois-tu l'évolution des coureurs ? et la manière d'organiser une épreuve sportive ? Pensez-vous un jour changer de formule ou proposer d'autres types de courses ?

La philosophie n'a pas beaucoup changé depuis le début, la course en montagne est une histoire de passionnés, nous avons un beau parcours et c'est le plus haut sommet des Vosges. Il y a là, tous les ingrédients pour une belle épreuve. Notre ambition est de continuer à développer notre course et de réussir à convaincre encore plus de coureurs qu'il y a un beau défi sportif à relever en venant courir chez nous. C'est vrai que le trail est en vogue aujourd'hui, mais nous restons fidèles à une certaine idée de la course en montagne. Si nous devions apporter quelque chose de nouveau ce serait une course pour les enfants en proposant un petit parcours en cote comme cela se fait en Suisse par exemple. Les enfants adorent ça mais les instances sont frileuses chez nous.

Cette année la montée du Grand-Ballon sera une nouvelle fois support des Championnats d'Alsace de course en montagne. Une course dans la course, où les meilleurs grimpeurs régionaux, comme Olivier Miclo, peuvent se mesurer aux internationaux et aussi montrer leur talent.

les championnats d'Alsace constitueront une course dans la course et les meilleurs régionaux auront une nouvelle fois l'occasion de se frotter à l'élite internationale. C'est une course à part pour eux et c'est aussi très important pour nous de compter sur leur présence.


A 1 mois de la course quels conseils donnerais-tu aux concurrents qui souhaitent réussir cette montée ?

Cette année, Julien Rancon le coureur de l'équipe de France qui a remporté deux fois le Grand-Ballon, propose sur notre site Internet, un programme d'entraînement adapté à la course du Grand-Ballon. Un bon moyen de se préparer pour le jour J.

>> www.montee-grandballon.com
>> Plan d'entrainement pour la Montée de Juline Rancon(.pdf)

(Photo : Vincent Chapin)

Merci Jean-Alain pour cette interview et rendez-vous le Jeudi 17 mai dans la vallée de Thann ou directement au sommet du Grand-Ballon pour un grand spectacle !


Interview réalisée par Nicolas Fried.

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